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Nous sommes un groupe de citoyens, plutôt jeunes, qui souhaitent défendre et valoriser leur culture. Nous nous intéressons également beaucoup aux questions comme la reconversion de l’économie de la Lorraine, la coopération transfrontalière, les travailleurs frontaliers et la construction de l´Europe. Tout comme nos voisins d'Europe du nord, nous sommes extrêmement soucieux de l'environnement. Nous rejetons l´écologie à la française consistant à opposer des classes sociales et nous souhaitons une prise en compte de l’écologie à tous les niveaux, notamment dans les services publics (retraitement des déchets, énergies alternatives, mais aussi l'isolation, les transports). Contrairement à la génération de nos parents, nous pensons que la situation actuelle n’est pas une fatalité et que nous pouvons améliorer les choses. Pour cela, nous souhaitons faire connaître nos revendications Pour plus de détails cliquez ici !. Etes-vous des séparatistes / indépendantistes ? Non, nous ne sommes ni séparatistes, ni indépendantistes. Pour nous, c’est surtout l´Europe des régions qui doit se construire, celle de la démocratie de proximité. Le modèle français de centralisme s'essouffle. Ce qui a fait la richesse de la France constitue aujourd'hui sa faiblesse. En effet, les frontières se sont estompées et l'équilibre des régions frontalières dépend des pays voisins. Le fédéralisme sur le modèle d´autres pays (comme la Suisse, l´Espagne, l´Allemagne, l´Italie, les Etats-Unis, etc...) ou des statuts d´autonomie (sur le modèle écossais) ne doivent pas faire peur. Il s’agit de pouvoir prendre à l'échelon local un maximum de décisions qui nous concerne. Il est temps d´inverser le fonctionnement du système : ce n’est pas aux élus de représenter Paris chez nous et de nous dire ce que le gouvernement a décidé pour nous. Le rôle des élus est de nous écouter, d´agir localement pour résoudre nos problèmes puis d’aller éventuellement rendre compte de leur travail à Paris. Soutenez-vous les actions violentes ? Non, nous ne sommes pas des terroristes. Nous avons choisi la voie légale pour faire valoir les droits des Lorrains germanophones (Lothringer). Des solutions existent, notamment niveau européen à Bruxelles. A nous de les exploiter. Au contraire. Nous n'avons aucun autre état que la France à laquelle nous rattacher. Ce n’est pas la langue qui détermine l’appartenance nationale. Un Luxembourgeois est-il Français ou Allemand ? et un Suisse ? Italien, Allemand ou Français ? La Lorraine germanophone (Lothringen) fût plus longtemps allemande que française mais elle est aujourd'hui française en dépit d'une culture allemande, alors que sommes-nous ? Nous sommes des citoyens français de langue allemande et c'est pour cela que nous voulons bénéficier d'un statut particulier au sein de la République française maintenant que les tensions entre l'Allemagne et la France se sont apaisées. Des statuts spécifiques accordant une large autonomie, y compris une compétence législative, ont été octroyés à plusieurs territoires français d’outre mer sans que cela ne porte atteinte à l’intégrité du territoire français. Pourquoi pas pour la Lorraine germanophone ? Nous rappelons en outre que le concept d´état-nation est en partie à l´origine de millions de morts de nombreuses guerres aux quatre coins du globe. Pour en avoir été les premières victimes, nous autres, Lorrains germanophones devons en être les premiers conscients. Nous refusons ces nationalismes rétrogrades et souhaitons construire l´Europe des régions. Etes vous des pangermanistes ? Non pas du tout. Une seule phrase résume notre pensée sur ce point.,Lors d´une visite au maire de Perpignan, José Maria Aznar, Premier ministre espagnol lui demanda : "Mais avec le TGV entre Perpignan et Barcelone, n´avez-vous pas peur que vos concitoyens demandent à être rattachés à la Catalogne? Et le maire de Perpignan (connu pour son attachement à la culture catalane) de répondre : - aujourd´hui Monsieur, une frontière ça ne se déplace pas, ça s´efface!" Un autre exemple : les Suisse germanophones souhaitent-ils êtes rattachés à l´Allemagne et les Australiens aux Etats-Unis ? Evidemment non. On peut donc tout à fait partager la même culture, la même langue sans constituer un seul état. Seul point important : être respecté pour ce que l´on est. On peut légitimement imaginer que si les Suisses avaient traité leurs minorités linguistiques comme la France traite les siennes, on ne parlerait plus français à Lausanne depuis longtemps. Mais vous défendez le repli identitaire !?! Non pas du tout. "Connais-toi toi-même" disait Platon. Nous sommes convaincus que pour être épanoui, il faut d’abord être ouvert sur soi-même. On ne peut pas accepter les autres si l’on ne s´accepte pas soi-même. Osez-donc vous affirmer "Lothringer". Forts de votre identité et ouverts sur le monde. De plus, notre culture nous apporte une ouverture vers plus d’une centaine de millions de germanophones et facilite l´apprentissage d´autres langues et cultures. Il s’agit pour nous d’une chance unique d´ouverture. A nous de la saisir. Mais la disparition du Platt est irréversible et naturelle ! Absolument pas. Dans le monde, 99% des habitants transmettent chaque jour leur culture aux générations suivantes... sauf chez nous. Il s’agit donc d’une situation tout à fait anormale. La disparition du Platt s’est faite par la manière forte (pour des témoignages, cliquez ici). Nous dénonçons une situation inéquitable. De nombreux pays (comme la Suisse) sont fiers de leurs différentes cultures et savent leur conférer une place respectable. En outre, langue régionale et langue nationale ne sont pas incompatibles. Au contraire, elles constituent une richesse pour ceux qui parlent les 2 langues car c'est la la preuve d'une réelle faculté intellectuelle. Pourtant, la France ne reconnaît pas notre langue et pour cause, ses racines sont germaniques. Mais la tolérance doit être de mise ! Nous sommes en 2004 et plus en 1945 ! Le vote FN en Lorraine germanophone est une démarche contradictoire ! Comment voulez-vous que les gens acceptent les étrangers si on ne leur permet pas de s´accepter eux-mêmes ? Nous sommes donc radicalement opposes au discours haineux des extrêmes qui n´apportent rien. De plus, le FN représente ce à quoi nous nous opposons. opposés : l´ultra-nationalisme jacobin. En Lorraine germanophone (Lothringen), le FN a obtenu des scores importants qui s´expliquent notamment par les raisons suivantes : - plus qu'ailleurs en France, les gens sont mécontents de leur situation et veulent le faire savoir. Ils exercent un vote protestataire. - l’existence d’une importante classe populaire et ouvrière (issue de notre passé industriel) qui a été totalement abandonnée à elle-même. - une perte d´identité et de repères. Cette situation a été récupérée par le FN qui a vite désigné un bouc-émissaire: les étrangers. Bien sur la classe politique l'a interprété à sa manière : il s'agirait selon elle d'un vote traduisant les résurgences du passé nazi ! En fait, il n’en est rien et la preuve en est que le FN a eu et a encore extrêmement de mal à trouver chez nous des représentants locaux contrairement aux autres départements lorrains, pourtant, eux, francophones et de tradition française. Enfin dernière chose... demandez-vous à qui a profité le FN lors de toutes les élections des 20 dernières années ? Vous considérez-vous comme allemands ? Avant tout nous sommes « Lothringer », issus d’une région qui a servi de champs de bataille a ses puissants voisins. Nous avons changé tant de fois de passeports. Certains sont même devenus apatrides. Il est un fait cependant que nous avons une culture germanique et que notre langue est un dialecte allemand. De plus, en lisant des livres d´anthropologie, de nombreux Lorrains germanophones seraient surpris de voir que leur comportement ressemble bien davantage à celui d´un Allemand ou d´un Suisse alémanique qu’à celui d´un Français de l’intérieur. Il n’y a aucune raison d´en avoir honte. Mais n´oubliez surtout pas une chose: c´est à vous de décider ce que vous êtes. Personne d’autre n’a le droit d´influencer votre opinion, que ce soit Paris ou Berlin. La haine anti-germanique, présente depuis longtemps en France et exacerbée par la seconde guerre mondiale a été ignoblement utilisée afin d´éradiquer notre culture. Se venger de l´Allemagne nazie sur une petite minorité germanophone qui n´y peut rien et n´a jamais pu décider de son sort, voilà qui n’est pas très juste. C’est pourtant ce qu´a fait la France, revenant ainsi sur toutes les promesses faites à la population lorraine et à ses élus à chaque réintégration de la Moselle au territoire français.. Non il n´existe pas de culture supérieure ou inférieure. Nous sommes simplement différents. Cette différence existe et doit par conséquent être acceptée et reconnue. Disposez-vous de financements allemands ? Non, mais ils sont les bienvenus (tout comme des financements de la France de l’intérieur) ! Personne ne viendrait à l’idée de qualifier le soutien à la francophonie d’immixtion dans les affaires intérieures ou de politique neo-colonialiste. Il n’en va pas différemment pour les autres langues et notamment pour le soutien à l’allemand en dehors d’Allemagne. Non, nous sommes contre le centralisme et l´hégémonie de la langue française. Si aujourd’hui 85% des Français sont favorables aux langues minoritaires et une majorité de leurs politiciens contre, cela montre encore une fois le manque de démocratie. Excusez-nous de ne pas être des jacobins convaincus. .Que pensez-vous de la coopération transfrontalière Sar-Lor-Lux ?
Nous sommes 100% pour et souhaitons qu’elle concerne plus de domaines encore
comme la santé, l´éducation, voire même la création d’une chaîne
de télévision transfrontalière dans notre langue commune : le francique
(Platt).. Non ! Revendiquer plus de pouvoirs pour sa région et le maintien de sa langue originelle ne signifient pas être raciste… Cet amalgame est entretenu par la classe politique et certains médias pour couper court au débat sur un vrai fédéralisme en France. Pourquoi n’aurions-nous pas ce qui nous revient de droit et ce que tous les autres régions européennes ont déjà ? De plus, nous pensons que l´immigration n’est pas du tout de notre ressort et doit être gérée au niveau européen. Nous sommes conscients que l´immigration n’est pas la cause principale de la disparition de notre culture. Au contraire, notre culture locale a toujours été un puissant facteur d´intégration. Etes-vous gauchistes / laxistes ? Non !
La plupart d’entre
nous étant acteurs de l’environnement socio-économique régional, nous sommes
conscients du modèle économique qui nous entoure et ne pouvons, ni ne voulons,
le réfuter. Néanmoins, nous pouvons toujours l’améliorer en proposant des idées novatrices dans de nombreux
secteurs. Nous sommes persuadés qu’une gestion locale et transfrontalière (Sar-Lot-Lux)
de l’économie sera
bénéfique à l’emploi et aux revenus des salariés. Pour nous, Lorrains germanophones, extrémistes une sacrée injure… Nous avons été victimes des impérialismes de tous bords, qu’ils viennent de Paris ou Berlin. Nos familles ont été déchirées, elles ont combattu sous tous les uniformes, parfois même contre le village voisin, désormais séparé par une frontière on ne peut plus artificielle. Nos compatriotes doivent se rappeler que nous sommes pacifistes, souvent victimes et rarement bourreaux. Nos aïeux ont souffert du nazisme et du communisme (l’Union soviétique a toujours refusé de libérer la totalité des incorpores de force mosellans captures en Russie sous l’uniforme allemand et certains sont morts de faim, de froid et de maladie dans le camp soviétique de Tambow bien longtemps après la fin de la guerre), ce n’est pas pour reproduire ces schémas que nous souhaitons nous engager ! Quant au pseudo-mouvement régionaliste « Alsace d’abord » (mouvement politique d’extrême droite française, composée de profiteurs et de retourneurs de vestes exemplaires) il ne nous inspire que mépris et dégoût. Pour ceux
qui pensent encore que ces partis ont la fibre régionaliste, cliquez
sur ce lien et vous ne pourrez que constater le contraire. Si nous
reconnaissons la lutte de ces peuples pour recouvrir une dignité
perdue, nous ne pouvons adhérer à la méthode utilisée par certains
mouvements ayant recours aux attentats et aux assassinats. La violence
n’engendre que la violence. Nous sommes conscients des brimades
et injustices de l’Etat centralisateur, mais assassiner un Préfet
n’est pas la solution à nos problèmes. Nous espérons pouvoir étendre
notre audience afin d´influencer de manière positive notre "Heimat".
Cela concerne la défense des intérêts économiques et culturels. Pas du tout, nous sommes très motivés. Ces vingt dernières années a eu lieu une forte prise de conscience dans le domaine des droits des groupes minoritaires. Notre combat est juste, nous en sommes convaincus. Il va dans le sens de l’avenir, celui d’une Europe de paix où chacun a sa place.
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