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Nouvelle étape pour le statut politique du Pays basque espagnol
LE MONDE | 25.10.03 | 12h21
Madrid de notre correspondante
Ce n'est pas un hasard si le président du gouvernement basque, le
lehendakari Juan José Ibarretxe, a choisi la date du 25 octobre pour
déposer au Parlement régional basque son projet de nouveau statut
politique pour le Pays basque, dit de "libre association du Pays basque
à l'Espagne". C'est en effet la date anniversaire du statut d'autonomie
en vigueur au Pays basque, connu comme statut de Guernica, approuvé par
référendum le 25 octobre 1979.
PLAN IBARRETXE
En présentant son plan au Parlement, M. Ibarretxe aborde une
nouvelle étape d'un processus qui culminerait en 2005, par un
référendum. Le plan Ibarretxe devient ainsi un projet de loi, destiné à
modifier le statut de Guernica pour permettre au "peuple basque" de
décider de son sort par "autodétermination", de créer "une double
nationalité basque et espagnole"et d'étendre la large autonomie dont
dispose déjà le Pays basque, dans les domaines de la justice, de la
police ou de la sécurité sociale.
Juan José Ibarretxe avait lancé l'idée en septembre 2000 pour,
a-t-il maintes fois expliqué, mettre fin au "conflit basque"et à la
violence de l'organisation séparatiste armée ETA, et permettre à la
société basque de connaître une coexistence harmonieuse. Les enquêtes
et les consultations électorales montrent qu'en réalité les habitants
du Pays basque se divisent presque par moitié entre nationalistes et
non-nationalistes.
Le projet s'est heurté au refus catégorique des deux grands partis
espagnols, le Parti populaire du gouvernement de José Maria Aznar et le
Parti socialiste, qui considèrent qu'il s'agit d'un projet
"indépendantiste". Pour eux, ce plan est surtout destiné à récupérer le
vote des électeurs de l'ancien parti Batasuna, la coalition
nationaliste radicale mise hors la loi pour ses liens avec l'ETA. La
bataille politique est également juridique, le projet serait pour les
deux grands partis "anticonstitutionnel" en allant bien au-delà d'une
simple révision du statut, telle qu'elle est autorisée par la
Constitution.
Martine Silber
Source : www.lemonde.fr
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