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Les neuf députés de l'Alliance libre européenne reprochent à la France de
ne pas respecter les droits linguistiques de ses
citoyens
Alliance
Libre Européenne : www.greens-efa.org
Bruxelles, 09/01/2003 (Agence Europe) - Les
neuf députés régionalistes ou nationalistes de l'Alliance libre européenne
(groupe Verts/ALE au Parlement européen), Miquel Mayol, Carlos Bautista, Jill
Evans, Ian Hudghton, Neil MacCormick, Nelly Maes, Camilo Nogueira, Josu Ortuondo
et Eurig Wyn ont déposé une proposition de résolution sur le non-respect des
droits linguistiques en France, à la suite de deux décisions du Conseil d'Etat
qui a annulé le 28 octobre dernier plusieurs arrêtés etcirculaires ministériels
relatifs à l'enseignement en langues régionales.
Ils constatent que "la
Constitution et la loi de la République française telles qu'interprétées par la
juridiction administrative de cet Etat remettent en cause les enseignements en
langues autochtones" et ils citent l'alsacien, le basque, le breton, le catalan,
le corse, les créoles, le flamand, le franco-provençal et l'occitan. "Cette
situation est tellement contraire aux valeurs européennes de promotion des
diversités linguistiques et culturelles et de respect des minorités que le
Parlement de Strasbourg (sic) ne peut accepter qu'un Etat membre, aussi puissant
et aussi prestigieux soit-il, puisse impunément bafouer ces valeurs", écrivent
les députés européens, qui demandent à l'Etat français de "mettre ses lois
linguistiques à l'heure européenne".
Les deux décisions du Conseil d'Etat
s'inscrivent dans la continuité de la jurisprudence des juridictions
administratives et constitutionnelle françaises. Elles ont pour principale
conséquence d'empêcher l'intégration des écoles bretonnes Diwan dans
l'enseignement public. Ces 38 établissements scolaires gérés par l'association
Diwan ont le statut d'écoles privés sous contrat d'association avec l'Etat et
bénéficient à ce titre d'une prise en charge des enseignants mais non des autres
coûts liés à leur fonctionnement. Elles souffrent de difficultés financières
depuis plusieurs années. Leur intégration dans l'enseignement public aurait
permis de résoudre ce problème, mais le Conseil d'Etat a annulé la décision en
raison de la pratique de l'immersion lignuistique (enseignement de toutes les
matières en breton). Le Conseil d'Etat considère que cette méthode est contraire
à la Constitution, qui prévoit que la langue de la République est le français,
et à la loi qui impose le français comme langue d'enseignement même si elle
tolère de exceptions.
A noter que sur la base d'un recensement portant
sur les années 2000-2001, plus de 152 557 élèves ont reçu un enseignement de
langues et cultures régionales. Malgré une progression continue depuis quelques
années, ce résultat demeure maigre, dans la mesure où ce total recouvre des
élèves dispersés dans différents niveaux à l'école et au collège. Il s'agit
également souvent de simples cours d'initiation à la culture régionale dispensés
dans les petites classes. S'agissant des trois départements du Rhin et de la
Moselle, L´ALLIANCE
LIBRE EUROPEENNE rappelle qu'ils bénéficient en fait d'un enseignement précoce de
l'allemand, qui s'inscrit dans leur statut bilingue et juridique spécifique,
mais ils n'offrent pas véritablement d'enseignement des dialectes alsaciens et
mosellans. L'enseignement bilingue concerne principalement la Bretagne (1980
élèves dans l'enseignement public, 1725 dans les écoles privées confessionnelles
et 1726 pour Diwan ; au total environ 600 élèves étaient concernés au stade du
collège et près de 500 dans le seul lycée Diwan) et le Pays Basque (4900 élèves
des écoles, 950 dans les collèges et 200 dans trois lycées).
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